Pommade DULCIS : le laboratoire ABBVIE est sanctionné pour n’avoir pas informé les associations de patients !

C’est une grande victoire et une décision historique pour les associations de patients, dont AMALYSTE, qui vient d’être rendue : le laboratoire ABBVIE est sanctionné par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) pour n’avoir pas informé les associations de patients concernées lors des multiples pénuries ayant frappé la commercialisation de la pommade vitamine A DULCIS, avant son brusque arrêt de commercialisation prévu initialement en juin dernier. L’ANSM confirme que dans le cas de ruptures sur une médicament d’intérêt thérapeutique majeur (pour la DULCIS, elle cite les syndromes de Lyell et les pertes de chance occasionnées par les ruptures en milieu hospitalier), l’information donnée aux associations de patients n’est pas une option ! C’est la première fois qu’une telle sanction est prononcée pour ce motif.

Initialement fixée à 1 million d’euros, la pénalité a été réduite à 850 000 euros, prenant notamment en compte la volonté affichée d’ABBVIE de céder gratuitement l’AMM de la pommade DULCIS. Nous ne manquerons pas évidemment de suivre ce point avec la plus attention, car il fait partie de nos demandes historiques. Pour mémoire, cela fait maintenant plus de 10 mois que nous discutons de ces sujets avec l’ANSM et les directions concernées du ministère de la santé.

Nous ne pouvons évidemment que regretter que le laboratoire ABBVIE n’ait pas été sanctionné pour les conditions chaotiques de l’arrêt de commercialisation de la DULCIS et notamment pour n’avoir pas organisé sa reprise par un tiers. La faute à un décret d’application publié tardivement en aout dernier….

Nous renouvelons notre invitation à remplir, pour les personnes concernées, ce questionnaire sur votre perception des pommades alternatives à la DULCIS.

A NOTER :

Cette décision de l’ANSM intervient peu de temps après la publication d’un article du magazine QUE CHOISIR d’avril 2026, pour lequel AMALYSTE a été interviewée : « L’Arrêt chaotique d’un médicament d’intérêt thérapeutique majeur provoque la colère des patients« 

Le texte de la décision de l’ANSM est disponible sur leur site pendant un mois, nous le reprenons ci-après dans son intégralité pour archivage :

Décision du 21/04/2026 portant sanction financière à l’encontre de la société Abbvie

La directrice générale de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM),

Vu le Code de la santé publique (CSP), notamment les articles L. 5111-4, L. 5121-31, L. 5121-32, L. 5311-1, L. 5312-4-1, L. 5423-9 7° b), L. 5471-1 (dans sa version antérieure à la loi n°2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025), R. 5124-49-5 et R. 5312-2 ;

Vu l’arrêté du 27 juillet 2016 fixant la liste des classes thérapeutiques contenant des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur mentionnés à l’article L. 5121-31 du code de la santé publique ;

Vu la décision du 21 juillet 2021 fixant les lignes directrices pour l’élaboration des plans de gestion des pénuries en application de l’article R. 5124-49-5 du code de la santé publique publiées sur le site internet de l’ANSM (www.ansm.sante.fr) ;

Vu les lignes directrices relatives à la détermination des sanctions financières, en date du 8 août 2022 publiées sur le site internet de l’ANSM (www.ansm.sante.fr) ;

Vu le plan de gestion des pénuries de la spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique, établi par la société Abbvie  le 8 novembre 2022 et transmis à l’ANSM le 14 décembre 2022 ;

Vu l’information de l’ANSM par la société Abbvie via Trustmed en date du 11 janvier 2023 faisant état d’une rupture de stock de la spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique ;

Vu le courrier de l’ANSM en date du 9 décembre 2025 informant la société Abbvie de son projet de décision de sanction financière et l’invitant à présenter ses observations sur ce projet ;

Vu les observations de la société Abbvie formulées lors de son audition du 19 décembre 2025 et par courrier adressé à l’ANSM le 22 décembre 2025 ;

Vu le recours gracieux de la société Abbvie en date du 10 avril 2026 ;

Considérant que l’article L. 5111-4 du CSP définit les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) comme « les  médicaments (…) pour lesquels une interruption de traitement est susceptible de mettre en jeu le pronostic vital des patients à court ou moyen terme, ou représente une perte de chance importante pour les patients au regard de la gravité ou du potentiel évolutif de la maladie » ;

Considérant qu’en application du dernier alinéa de l’article L. 5121-31 du CSP, l’arrêté du 27 juillet 2016 susvisé précise les classes thérapeutiques auxquelles les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur appartiennent ;

Considérant que la spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique est indiquée dans le traitement du Xérosis conjonctival et cornéen et dans le traitement d’appoint des troubles de la cicatrisation cornéenne et appartient à la classe thérapeutique S01XA02 – médicament à usage ophtalmique – figurant sur la liste des classes thérapeutiques contenant des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) fixée par l’arrêté éponyme du 27 juillet 2016 ;

Considérant que la spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique est utilisée notamment lors de la phase aiguë dans la prise en charge des manifestations oculaires en lien avec une Nécrolyse épidermique, Syndromes de Stevens-Johnson et de Lyell et que l’arrêt du traitement entraine une perte de chance pour le patient en termes d’aggravation ou d’évolution de la pathologie ophtalmologique ; 

Considérant par conséquent que la spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique est un médicament d’intérêt thérapeutique majeur au sens de l’article L. 5111-4 du CSP précité ;

Considérant que, conformément aux dispositions de l’article L. 5121-31 du CSP, pour les MITM, « les titulaires d’autorisation de mise sur le marché et les entreprises pharmaceutiques exploitant des médicaments élaborent et mettent en œuvre des plans de gestion des pénuries dont l’objet est, dans l’intérêt des patients, de prévenir et de pallier toute rupture de stock » ;

Considérant en outre qu’en application de l’article L. 5121-32 du CSP, « Les titulaires d’autorisation de mise sur le marché et les entreprises pharmaceutiques exploitant un médicament d’intérêt thérapeutique majeur mentionné à l’article L. 5111-4 informent dès qu’ils en ont connaissance l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé de tout risque de rupture de stock ou de toute rupture de stock relatif à ce médicament, dans des conditions définies par voie réglementaire.

Ils mettent en place, après accord de l’agence, des solutions alternatives permettant de faire face à cette situation et mettent en œuvre, pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur, les mesures prévues dans le plan de gestion des pénuries mentionné à l’article L. 5121-31.

Ils prennent, après accord de l’agence, les mesures d’accompagnement et d’information des professionnels de santé ainsi que les mesures permettant l’information des patients, notamment par l’intermédiaire des associations de patients. » ;

Considérant qu’en application des dispositions de l’article L. 5131-1 du CSP et des lignes directrices pour l’élaboration des plans de gestion des pénuries (PGP) pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur du 21 juillet 2021 susvisées, les PGP comprennent notamment les mesures de gestion à mettre en œuvre en cas de risque de rupture ou de rupture avérée de stock d’un MITM, tels que, dans l’intérêt des patients, les mesures de communication à destination de ces derniers ;

Considérant que, le 11 janvier 2023, la société Abbvie a informé l’ANSM d’une rupture de stock de la spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique, aux motifs de lots produits et attendus aux fins d’approvisionnement de la France fin décembre 2022 mais non libérés par le site de fabrication, suite à des analyses complémentaires nécessaires ;

Considérant que le plan de gestion des pénuries de la spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique, établi par la société Abbvie le 8 novembre 2022 et transmis à l’ANSM le  14 décembre 2022, prévoit dans les mesures de gestion d’un risque de rupture de stock ou d’une rupture avérée, une « chaîne d’alerte », et plus particulièrement les actions de communications internes et externes à déployer et qu’à cet égard, est prévue une action de communication à destination des associations de patients ;

Considérant qu’en l’espèce, la société Abbvie n’a procédé à aucune action de communication à destination des associations de patients concernant la rupture de stock de la spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique, alors que le PGP de cette spécialité, établi le 8 novembre 2022, le prévoit ;

Considérant donc que les mesures de communication externes prévues dans le plan de gestion des pénuries de la spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique du 8 novembre 2022 n’ont pas été mises en œuvre en ce qui concerne les actions de communication à déployer auprès des associations de patients ; qu’ainsi les circonstances de l’espèce caractérisent un manquement aux dispositions des articles L. 5121-31 et L. 5121-32 précités ;

Considérant qu’aux termes de l’article L. 5423-9 7° b) du CSP, constitue un manquement soumis à sanction financière le fait, pour un titulaire d’autorisation de mise sur le marché ou une entreprise pharmaceutique exploitant un MITM […] « de ne pas mettre en œuvre, le cas échéant, les mesures prévues dans le plan de gestion des pénuries exigé en application de l’article L. 5121-31 » ;

Considérant qu’il ressort du III de l’article L. 5471-1 du CSP, que le montant de la sanction prononcée pour les manquements mentionnés au 7°de l’article L. 5423-9 du CSP ne peut être supérieur à 30% du chiffre d’affaires réalisé lors du dernier exercice clos pour le produit ou le groupe de produit concerné, dans la limite d’un million d’euros, pour une personne morale ;

Considérant qu’en application des lignes directrices relatives à la détermination des sanctions financières, en date du 8 août 2022 précitées, ce chiffre d’affaires s’entend comme le chiffre d’affaires hors taxes réalisé en France (hors exportations) ;

Considérant que la société Abbvie a réalisé en France, au titre du dernier exercice clos, pour la spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique, un chiffre d’affaires hors taxes de 5 457 762 euros ;

Considérant qu’au vu des critères applicables aux manquements à la réglementation relative aux ruptures de stock des médicaments fixés en annexe 3 des lignes directrices précitées, le fait de ne pas respecter les dispositions des articles L.5121-31 et L. 5121-32 du CSP constitue un manquement de type 3 ;

Considérant au vu de l’ensemble de ce qui précède, qu’il y a lieu d’infliger à la société Abbvie, une sanction financière de 1 091 552, 40 euros ;

Considérant en revanche, qu’en application du III de l’article L. 5471-1 du CSP, le montant de la sanction prononcée pour le manquement mentionné au 7°de l’article L. 5423-9 du CSP ne peut être supérieur à un million d’euros, pour une personne morale ; qu’il y a donc lieu de ramener le montant de la sanction financière à 1 000 000 euros (un million d’euros) ;

Considérant que les observations formulées par la société Abbvie tant dans le cadre de la procédure contradictoire susvisée que dans le cadre de son recours gracieux, ne sont pas de nature à démontrer l’absence de fondement de la sanction financière ;

Considérant toutefois que compte tenu des actions engagées par la société Abbvie pour la recherche d’un repreneur en vue du transfert à titre gratuit de l’AMM de sa spécialité Vitamine A Dulcis 25 000 U.I. pour 100 g, pommade ophtalmique, et de sa collaboration à partager des informations permettant la distribution appropriée, auprès des pharmacies de ville, d’une alternative thérapeutique importée, cette sanction financière est ramenée à un montant de 850 000 euros (huit cent cinquante mille euros),

Décide

Article 1er : Il est établi que la société Abbvie a enfreint les dispositions des articles L. 5121-31 et L. 5121-32 du CSP.

Article 2 : Une sanction financière de 850 000 euros (huit cent cinquante mille euros), liquidée selon les modalités fixées en annexe, est infligée à la société Abbvie.

Article 3 : La présente décision est publiée sur le site internet de l’ANSM pendant une durée d’un mois.

Fait le 21/04/2026

Catherine Paugam-Burtz

Directrice générale de l’ANSM

Vitamine A : Point à date

AMALYSTE a participé le 16 févier au dernier point à date de l’ANSM sur la disponibilité des alternatives à la Pommade vitamine A Dulcis

3 points sont à retenir : 

  • La pommade vitamine A Dulcis n’est plus disponible depuis le 31 janvier, les tubes restant étant officiellement considérés comme « périmés » depuis cette date. Un repreneur serait actuellement en discussion avec ABBVIE pour la reprise de l’AMM de la pommade Vitamine A Dulcis. Aucune information complémentaire sur l’aboutissement de cette négociation n’est communiquée à date par l’ANSM. Les associations, dont AMALYSTE, représentée par France Assos Santé, ont insisté sur la nécessaire reprise de cette AMM, dont les conditions d’arrêts sont jugées particulièrement litigieuses.
  • Malgré un démarrage difficile, la commercialisation de la Pommade Vitamine Blache est montée en puissance, avec une meilleure couverture du territoire (aussi bien en ville qu’à l’hôpital) et une augmentation des quantités commercialisées. Si vous continuez à rencontrer des difficultés d’approvisionnement, n’hésitez pas à le signaler à l’association. La situation devrait aller vers une normalisation de la commercialisation d’ici la fin de l’année, qui devrait d’ici là bénéficier d’une AMM et être reconnue MITM (Médicament d’Intérêt Thérapeutique Majeur).
  • Les dispositifs médicaux considérés comme « équivalents », soit Hydramed Sensitive Night et Vitanuit (avec vitamine A) et Xailin (sans vitamine A) devraient être prise en charge par la Sécurité Sociale à partir du 26 février prochain.

France Assos Santé, dont AMALYSTE est membre et représenté au Conseil d’Administration, et qui soutient les associations de patients dans les discussions avec les pouvoirs publics, a publié un article sur son site pour dénoncer la situation :

Arrêt de commercialisation de la vitamine A Dulcis : quelles suites ?

Cela fait maintenant un peu plus de 6 mois que nous avons appris l’arrêt de la commercialisation de la pommade vitamine A Dulcis, sans respect des préavis qui auraient permi aux associations de patient de s’organiser avec les autorités pour trouver des solutions durables.

En l’absence, voici un point sur la situation que nous suivons régulièrement avec l’ANSM :

  • Vitamine A Dulcis : dernière ligne droite pour avoir accès aux stocks restants, contingentés pour les cas graves (dont les SJS/Lyell). Pour l’instant, la date limite est le 31 janvier. Votre pharmacien doit s’adresser directement au labo, en envoyant une copie de votre ordonnance, avec la mention spécifiant « syndrome de lyell/SJS ». Amalyste négocie avec les autorités pour un recul de la date d’expiration, mais nous n’avons pas de visibilité de leurs parts sur le niveau des stocks restants. Du côté du laboratoire ABBVIE, aucune information quant à une éventuelle cession d’AMM pour une reprise par un autre laboratoire. Les autorités se déclarent incompétentes pour les y obliger ou pour autoriser une préparation hospitalière, comme la loi le permet pourtant depuis août dernier.
  • Vitamine A Blache : cette alternative, importée de Suisse, est également contingentée et réservée aux cas les plus graves. Attention, toutes les pharmacies n’y ont pas accès (en fonction de leurs répartiteurs) et les stocks restent limités, même s’ils montent en puissance. Comme pour la vitamine A Dulcis, les pharmacies peuvent contacter en direct le laboratoire Bausch&Lomb pour passer commande.
  • Vitanuit et Hydramed Sensitive night : ces dispositifs médicaux souffrent de nombreuses ruptures d’approvisionnement et ne sont pas remboursés par la sécurité sociale, même si nous négocions avec les autorités pour ce faire. Lorsqu’elles sont disponibles, elles restent des alternatives intéressantes sur le plan médical (mais pas sur le plan économique) ! Vous pouvez également les commander en ligne depuis l’étranger, lorsqu’elles ne sont pas disponibles en France.

Et vous ? Comment gérez vous la situation ? Avez vous des conseils ou des bons tuyaux à partager ?

Ouverture des inscriptions pour la conférence internationale SJS/TEN 2023

L’université Vanderbilt de Vancouver organise tous les deux ans la conférence internationale SJS/TEN 2023 qui réunit les spécialistes mondiaux de nos pathologies pour faire le point sur les connaissances. Les inscriptions sont ouvertes au public.

Les sessions seront accessibles en ligne du samedi 26 au dimanche 27 août 2023 : attention toutefois, non seulement elles sont en anglais, mais les horaires sont indiqués heure locale (US Central Time). Il est donc nécessaire, pour le public français de convertir en heure de Paris (sauf erreur, rajouter 7 heures :).

Voir l’AGENDA

Chacun pourra suivre la session sur le sujet qui l’intéresse. Nous avons extrait trois sessions qui pourront vous intéresser :

  • le samedi 26 août de 16h15 à 19h15 : échanges entre patients (avec des représentants de patients du monde entier, dont Louis CHAIX et AMALYSTE)
  • le dimanche 27 août de 20h45 à 21h45 : session sur la prise en charge des séquelles oculaires
  • le dimanche 27 août de 22h00 à 23h30 : session de discussion sur les priorités des réseaux de recherche internationaux (avec notamment le Dr Saskia Oro pour ToxiTEN et le Dr Maja MOCKENHAUPT pour RegiSCAR)

https://sjsten2023.vfairs.com/en/login

Pour participer à notre Assemblée Générale 2023

Notre assemblée générale annuelle se tiendra le 29 mars prochain, à partir de 18h30 (clôture de l’année 2022). Elle aura lieu à distance (sur ordinateur ou par téléphone, au choix des participants).

Comme vous le savez, il s’agit d’une étape à la fois nécessaire et importante de la vie de notre association, celle où les priorités de travail sont fixées et où, par conséquent, les adhérents ont la possibilité de contribuer aux échanges sur nos besoins, attentes et espoirs pour les mois à venir.

Si vous confirmez votre participation (via ce lien), vous recevrez un lien de connexion le jour de l’événement :

SI vous ne pouvez pas être présent, il importe que vous nous donniez votre mandat afin d’être représenté(e). 

Dans tous les cas, en tant qu’adhérent(e) à AMALYSTE vous serez destinataire du procès-verbal et vous recevrez tous les documents validés pendant l’AG. 

Attention : tant que la cotisation relative à l’année en cours n’a pas été renouvelée, vous ne pouvez pas participer à l’AG. Vous pouvez bénéficier d’un tarif réduit de moitié (10 euros) en cotisant avant l’AG. Nous vous convions donc à verser votre cotisation dans les plus brefs délais en vous connectant sur HelloAsso à l’adresse suivante : https://www.helloasso.com/associations/amalyste/adhesions/amalyste-campagne-d-adhesion-2023

Lettre ouverte d’un collectif d’associations de victimes

Victimes de scandales sanitaires: pour un réel fonds d’indemnisation

Une dizaine d’organisations de victimes de scandales sanitaires, soutenues par des syndicats de l’industrie pharmaceutique et des associations travaillant sur le médicament comme bien public, appellent, dans le cadre des débats sur le financement de la Sécurité sociale, à un fonds d’indemnisation réactif et respectueux des personnes. Son financement est possible.

Nos associations ont toutes en commun de regrouper des victimes d’accidents graves de médicaments – reconnus dans certains cas comme « aléas », car la balance bénéfice/risque est jugée positive ; d’autres fois comme « scandales sanitaires », où le maintien du médicament ou produit de santé relève de la faute.

Les « patients-victimes »,  qui passent souvent par une période plus ou moins longue d’errance médicale, doivent alors se battre, vaincre leur isolement, obtenir la reconnaissance de sa réalité par l’institution médicale ainsi que des politiques, très enclins à relativiser la situation et à discréditer la parole des premiers concernés. Ces victimes doivent aussi lutter pour que l’on recherche les causes de ces accidents, que l’on fasse cesser au plus vite l’exposition de nouveaux patients à des thérapeutiques censées nous soigner mais susceptibles de nous rendre malades, voire de tuer. Et enfin, que l’on détermine les responsabilités, que l’on indemnise les victimes et que l’on sanctionne les coupables. L’indemnisation est en soi, une épreuve : il faut d’abord constituer son dossier médical, puis le confier à un avocat pour étude et passer une expertise payante. Pour les femmes, victimes « d’Essure® », un dispositif de stérilisation tubaire, cela revient à une provision de 3.000 euros en moyenne pour accéder à une expertise médicale.

Lorsque l’accident est considéré comme un aléa, c’est l’ONIAM qui est censé indemniser les victimes pour des montants insultants et en faisant barrage aux victimes. Ainsi, moins de 3% des victimes des syndromes de Lyell et de Stevens-Johnson sont indemnisées alors que 80% ont une cause médicamenteuse avérée.

La répétition de tels scandales sanitaires et des mêmes dysfonctionnements le prouve : l’ensemble du système reste défaillant.

Comment se satisfaire de ce que le procès du Médiator ne s’ouvre que dix ans après la révélation du scandale et cinq ans après la mort du patron de Servier ? Lenteur d’une Justice qui n’a pas les moyens de faire correctement son travail, multiplication de manœuvres procédurales de la défense, difficulté d’une « charge de la preuve » qui incombe aux victimes (à qui on refuse souvent de reconnaître ce statut) et à leurs associations, énorme disparité de moyens entre elles et les industriels, etc : tout cela vise à dissuader de nombreuses victimes de porter plainte, et trop souvent leur décès survient avant même la fin des procédures.

C’est la conscience qu’au-delà de chaque « affaire » spécifique les problématiques sont les mêmes qui nous a conduit à nous unir pour réclamer un nouveau système. Cela commence par la reconnaissance, symbolique et matérielle, des victimes pour les aider à faire face aux innombrables difficultés quotidiennes qu’elles, et leurs familles, rencontrent. Et pour cela il faut réformer en profondeur tout le dispositif d’indemnisation. L’occasion nous en est donnée avec le prochain débat sur le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale. Les enjeux budgétaires sont au cœur de ce texte et la réforme d’une indemnisation unique, respectueuse des victimes et plus réactive y a toute sa place.

Le sujet pose immédiatement la question du financement, qui est au fond le premier argument opposé à toute réforme pour une plus grande sécurité sanitaire et une meilleure reconnaissance des victimes et des responsables, nous rappelant sans cesse que, pour l’industrie ou nos politiques, nos vies sont avant tout des coûts dans un budget. Il faut inverser cette logique qui privatise les profits et rend publiques les dépenses et les indemnisations : c’est à l’industrie pharmaceutique de payer.

Or, la France a elle-même posé les bases d’une solution globale permettant de rééquilibrer le rapport de forces. En mai dernier, elle s’est engagée auprès de l’Assemblée mondiale de la santé (AMS, qui est l’assemblée générale de l’OMS) à assurer la transparence dans les politiques du médicament, ce qui inclut autant la garantie d’une meilleure sécurité sanitaire qu’une information fiable sur la pertinence des prix imposés par l’industrie pharmaceutique.

La privatisation croissante de la santé et du médicament a eu pour effet une explosion des prix, que notre système de santé ne peut plus soutenir. En 2014, les nouveaux traitements de l’hépatite C ont été mis sur le marché autour de 50 000 €. L’achat par l’Assurance maladie de ce traitement pour l’ensemble des personnes touchées par l’hépatite C en France en 2014 aurait représenté 13 milliards d’€, soit presque deux fois le budget total de l’AP-HP en 2014 (7 milliards d’euros) !

La multiplication des scandales sanitaires montre que cette privatisation n’a pas amélioré la sécurité sanitaire, au contraire. Comment accepter que la Sécurité sociale paie au prix fort des médicaments à des prix dépassant de façon colossale les coûts réels, et dont la recherche et le développement ont souvent été soutenus par des fonds publics ? En 2019, le prix du Zolgensma, développé en partie grâce à l’argent du Téléthon, donc de dons défiscalisés, a été proposé par la firme Novartis à 2,1 millions d’euros par injection ! Et comment accepter les profits exorbitants des actionnaires de l’industrie pharmaceutique quand leur logique de rentabilité nous met en danger, et quand ils refusent de nous reconnaitre comme victimes ?

Servier exige que l’Etat rembourse 30 % des indemnités que le laboratoire a commencé à verser aux victimes du Mediator. Sanofi refuse d’indemniser les victimes de la Dépakine. Pourtant, Sanofi, en 2017, c’est 8,3 milliards d’€ de bénéfices et 4,6 de dividendes. Depuis 10 ans, Sanofi, comme tant d’autres industries qui justifient les prix par les risques financiers qu’elle prend, reçoit entre 110 et 150 millions d’euros par an d’aides publiques via le crédit d’impôt, sans compter les autres financements publics qu’elle reçoit.

En tenant son engagement à l’AMS, la France permettrait de documenter la légitimité des prix des médicaments. Elle ouvrirait la voie à une réforme de la politique tarifaire, une baisse drastique des prix et permettrait de dégager des bénéfices immenses, qui pourraient être affectés à un fonds d’indemnisation permanent, à des moyens supplémentaires pour la justice mais aussi, en amont, de financer une recherche publique indépendante de penser et créer un nouveau système de santé, orienté et contrôlé par les patients, les médecins, les salariés du secteur, pour que la population cesse d’être une victime paradoxale de la santé publique. Cela sera possible si nous sortons la santé des logiques marchandes qui nous tuent.

Signataires

AFMT (Association Française des Malades de la Thyroïde), AMALYSTE (Association des victimes des syndromes de Lyell et de Stevens-Johnson), AMAVEA (Association Méningiome dus à l’Acétate de cyprotérone, aide aux Victimes Et prise en compte des Autres molécules), APESAC (Aides aux Parents d’Enfants souffrant du Syndrome de l’Anti-Convulsant), ARCASIM (Aide à la Recherche des Conséquences de l’Adjuvant Silicone dans les Implants Mammaires), AV5FU (Association francophone de défense des Victimes du 5FU et analogues présentant un déficit en DPD), AVEC (Association d’Aide aux Victimes d’Endoxan Cyclophosphamide), AVFIN (Association des Victimes du Finastéride), E3M (Entraide aux Malades de Myofasciite à Macrophages), France MCS (Collectif associatif du Syndrome d’Hypersensibilité Chimique Multiple), NAMD (Non au Mercure Dentaire), R.E.S.I.S.T (Réseau d’Entraide Soutien et Information sur la Stérilisation Tubaire), Réseau D.E.S France (Association regroupant des personnes concernées par le Distilbène), Revav (Réseau des Victimes d’Accidents Vaccinaux), UPGCS (Union Prévention Gestion des Crises Sanitaires), Vivre Sans Thyroïde

Avec le soutien de :

Collectif Anti-Sanofric , CGT Sanofi, Médicament-Bien-Commun, Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament, Vérité sur les médicaments, Sud Chimie Sanofi Montpellier, Jean-Jacques Bourguignon (père d’une enfant victime du Gardasil), Jacques Dussart (historien/réalisateur), Quentin Ravelli (Chercheur CNRS),

https://blogs.mediapart.fr/edition/transparence-dans-les-politiques-du-medicament/article/231019/victimes-de-scandales-sanitaires-pour-un-reel-fonds-d

AMALYSTE réélue au Conseil d’Administration de France Assos Santé

France Assos Santé a réélu ce mercredi 19 juin pour 4 ans son nouveau Conseil d’administration. AMALYSTE y est de nouveau représentée, au nom du collège 7 (qualité des soins et gestion des risques) avec le binôme Sophie Le Pallec (titulaire)/Marie-Françoise Calmus (suppléante).

France Assos Santé est l’Union Nationale des Associations Agréées en Santé et regroupe plus de 80 associations, comme des associations de patients, de consommateurs, des plus grandes (UFC-Que Choisir, Aides, AFH, ….) aux plus petites (Amalyste par exemple).

C’est donc une grande responsabilité pour notre petite association que d’être partie prenante de la gouvernance de France Assos Santé et d’être aux premières loges de cette aventure collective de la démocratie sanitaire.